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La clarinette entame le bal

La clarinette entame le bal, le banjo la rejoint bientôt avec les gloussements du tuba. Le batteur donne le rythme sur sa planchette en métal. Le saxo et la voix rauque du chef d’orchestre alternent dans une danse entraînante.

Debout bien raide dans son pantalon marron un peu court, le type digne des meilleurs Deschiens s’amuse. Sa veste coupe années 70 et marron aussi lui tient à peine chaud. Ses cheveux gominés et aplatis tant bien que mal sur les côtés laissent entrevoir un visage usé par les années.

Derrière ses apparences de paumé, le gars s’éclate avec sa clarinette et régale la foule qui arpente le pont Charles.
Vas-y Charles, ne t’arrêtes pas…

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Un autre jour s’achève dans la cité aux mille clochers.

Un autre jour s’achève dans la cité aux mille clochers. La foule qui bat le pavé s’éclaircit de minutes en minutes.

Les marchands du temple remballent leurs marchandises. Le vent s’est éteint peu à peu, la lumière devient presque celle d’un intérieur. Les pigeons et les moineaux se sont déjà envolés vers leurs perchoirs paisibles.

Les façades ternissent en attendant que l’éclairage nocturne vienne réveiller la ville pour une autre journée… une journée de bars, de clubs, de restaurants et de ballades sous la voûte étoilée.

Mais avant cette vie de la nuit, la ville semble s’endormir avec une sérénité désarmante.

Le pèlerinage

En venant ici, je savais que je ne trouverais pas forcément des réponses à toutes ces questions qui infestaient mon esprit. Je ne venais chercher que la paix pour mon âme. Et le séjour aura porté ces fruits… quelques jours suffirent à assainir mon âme, à calmer les (mauvais) esprits. Toutes les questions n’ont pas disparues mais elles couvent dans les limbes de mon esprit attendant leur heure pour revenir à la surface. En attendant, elles sont silencieuses et me laisse guider mon navire entre les flots houleux de la vie.

Mon âme est en paix.

La force n’est pas encore avec moi, mais j suis prêt à la recevoir. Des réflexions introspectives ont balayé ma porte et accroché le “home sweet home” à la chaumière de mon être.

Magic

Magic Prague. Moi qui ne crois pas aux miracles, je ne trouve que ce qualificatif pour décrire les curieux phénomènes dont je suis le témoin et l’acteur. Si je ne doute pas un seul instant que le pont Charles est entouré d’un champ de force qui filtre les mauvaises ondes du monde entier, je dois pour autant admettre que Prague est entièrement soumise à des lois qui défient toutes les lois sur le monde auxquelles je peux croire. Voilà sans doute l’explication de mon attrait pour cette cité où tout me semble possible, surtout ce que je crois impossible, et dans le même temps où tout me semble incertain, surtout ce que je tiens pour assuré.

Regard.SK

Ah, ces yeux, je n’oublierai jamais ces yeux. On pourrait lire un sourire dans ce regard, mais un sourire plein de vice, le regard d’un chat envers une souris qu’il tient entre ses griffes. Une sorte de regard noir mais sans agressivité, juste avec le bon degré de gravité. Un regard noir de prunelles pourtant si claires, quelle ironie.

Ce regard souriait aussi de son propre vice étalant au grand jour une faim insatiable de vie et de fraîcheur.

Pourtant ce regard conservait toute son autorité en masquant ce désir d’un voile d’ambiguïté déconcertant pour les petits yeux effarés et curieux de cette rencontre de regards.

Regard perçant, regard amusé, regard provocateur, regard joueur, je n’avais jamais vu un seul regard qui soit aussi porteur de sens et d’émotion.