RECHERCHE-ACTION [#ExpeDemocratic 1/4]

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Le GIS Démocratie et Participation organisait le colloque international Les expérimentations démocratiques aujourd’hui : convergences, fragmentations, portées politiques les 26, 27 et 28 janvier 2017 à la MSH Paris Nord à Saint-Denis. Il se voulait un colloque de refondation pour le GIS dans un contexte où « la démocratie est à refaire » (Jean-Michel Fourniau) : la démocratie représentative est obsolète, la démocratie participative est insuffisante, et des initiatives citoyennes annoncent peut-être (nous y travaillons) une révolution silencieuse. Ce sont ces dernières que le GIS a souhaité mettre en lumière dans ce colloque.

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Avec succès ! 130 propositions de communications reçues, 70 présentées et 400 participants (sachant que les inscriptions ont été arrêtées 1 semaine avant car la jauge était atteinte), démontrent que les partisans de la démocratie sont sur le pont pour penser et agir.

Même si ma proposition de communication sous forme de témoignage réflexif n’a pas été retenue, il y avait de quoi s’occuper. Ce fût 3 jours d’une grande densité de 9h30 à 20h30 (17h30 le samedi), avec peu de pause… qui va demander quelque temps pour digérer et décanter toute la matière captée.

Je vais en tirer 4 billets :

  • Recherche-action (vous êtes en train de le lire)
  • Savoir(s)
  • Pouvoir(s)
  • Représenter

Des rapports chercheurs-acteurs

Si dès le départ, le GIS D&P, qui est un regroupement de chercheurs, a souhaité s’articuler avec les acteurs de la participation, cela s’est développé avec le temps. Avec l’objectif de questionner la fonction sociale et politique du chercheur, qui ne doit pas seulement observer mais également dialoguer voire accompagner les acteurs de la société.

Lors du premier colloque du GIS en 2011, je me sentais bien seul comme acteur. Cette fois, l’appel à communication avait été ouvert aux acteurs, ce qui a permis à plusieurs d’entre eux d’intervenir en atelier auxquels s’ajoutaient ceux invités pour les tables-rondes plénières : Alliance citoyenne, Pas sans nous, Nuit debout, Alternatiba, Démocratie ouverte, Saillans, Podemos…

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Il reste encore du chemin. Alors, comment s’y prendre ?

Aux acteurs de tendre des perches

Quand je vois par exemple une association comme Attac pour qui la démocratie est au cœur du projet (« reconquérir les espaces perdus par la démocratie au profit de la sphère financière » dit la plateforme fondatrice d’Attac, qui a un conseil scientifique avec des universitaires, et qui expérimente dans son fonctionnement interne, j’ai dû mal à concevoir qu’il n’y ait pas plus de lien.

Nous n’étions que quelques adhérents de l’association, venus à titre personnel. Je vais remonter cela étant donné qu’il y a une réflexion en cours sur la refondation du conseil scientifique.

On ne part pas de zéro puisque l’on a déjà été amené à solliciter des chercheurs pour des conférences, et encore récemment pour celle que je coorganisais justement sur la démocratie avec Albert Ogien, sociologue, co-auteur de « Le principe démocratie ».

Repenser et diversifier les formes de rencontres

Clairement, le format « colloque scientifique » a ses limites et ne met pas forcément chercheurs et acteurs à égalité de contribution, car tous n’en maîtrisent pas également les codes. Mais plutôt que de chercher tout de suite une forme hybride qui risquerait de ne satisfaire personne, l’idée de juxtaposer 2 formes, l’une de la culture « chercheur », l’autre de la culture « acteur » m’a semblé la plus pertinente, chacun étant ainsi à son tour dans une position de maîtrise et une position d’éventuel inconfort.

Ainsi, avoir un colloque scientifique sur 2 jours (jeudi-vendredi) suivi d’une journée ou de 2 jours (week-end) de Forum, Carrefour et/ou Village me semblerait une excellente proposition. Sans oublier ce que tout le monde a réclamé : des soirées festives (bal, concert,…).

De même, cela réinterroge les rôles dans de tels dispositifs : y a-t-il besoin d’un animateur pour une table-ronde qui réunit des personnes animées de leur propre volonté et ayant des compétences d’expression et de discussion avérées. Il y a plutôt besoin d’un facilitateur.

Au-delà de temps forts, le concept de Boutique des sciences promu par  Sciences citoyennes apporte une voie pour des échanges plus continus entre chercheurs et acteurs.

Donner un nouveau souffle au GIS

De ce point de vue-là, le renouvellement du comité de direction du GIS est encourageant. Loïc Blondiaux laisse sa place après avoir été un de ceux qui ont mis la démocratie participative à l’agenda, avec succès. Jean-Michel Fourniau reste pour assurer la continuité, et est rejoint par Catherine Neveu, Marion Carrel et Julien Talpin. Ils sont connus pour avoir travaillé sur les mouvements citoyens.

Une belle équipe, paritaire en genre et en années d’expériences.

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A surveiller

Dans une autre direction, se pose la question de l’articulation de la recherche et de la fabrique des politiques publiques. Voici à ce sujet la vidéo de la table-ronde « Regard de la recherche sur le mouvement OpenGov » lors du Sommet du Partenariat pour un Gouvernement ouvert accueilli à Paris fin décembre 2016 :

Si nous ne pensons pas cette triple articulation recherche-décision publique-démocratie, nous pourrions voir le couple recherche-décision publique laisser de côté la démocratie au profit d’un gouvernement technocratique, voire algorithmique.

Les zones blanches de la carte

Le programme des 3 jours a permis de parcourir un diaporama des questions, enjeux, actualités des expérimentations démocratiques, dont il reste encore à dresser la carte, comme plusieurs d’entre nous l’ont proposé. La démocratie est entendue ici non comme un régime politique mais comme un « mode de vie » selon Dewey que citait par la première keynote speaker (amis québequois, aidez-nous à parler français ! Je propose l’« ouvreuse »).

Dans ce cadre, il reste des angles morts, des zones d’ombres, à explorer, dont certaines ont été évoquées lors de la séance de clôture :

  • l’éducation à la démocratie, pédagogies et écoles démocratiques, place des enfants
  • la France périphérique (lien géographe), du péri-urbain ou des zones rurales, et singulièrement la partie la plus propice au vote FN
  • le populisme, avec des dynamiques participatives qui constitue « le côté obscur de la force» (dixit Catherine Neveu) : Tea Party, Manif pour tous,…
  • la démocratie au sein des organisations, a fortiori les associations et coopératives (c’est sur ce sujet que j’envisageai un témoignage réflexif)
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