Questionnements sur le sens [Innovation 5/6]

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CC ar y.caradec @Flickr

 

Toutes les pratiques d’innovation par les usages en lien avec des usagers, des habitants, des citoyens interrogent forcément sur le sens de l’action conduite. Quelle part de l’avis des différentes parties prenantes dans les décisions ? Comment concilier les différentes légitimités, électorales (élus), technique (experts), d’usage (usagers), politiques (citoyens), sociales (associations, syndicats,…),… ?

La 27e Région semble bien positionnée pour faire vivre ces débats, sans doute en lien avec la recherche, et pourquoi pas la GIS Démocratie et participation.

Participation et représentation : comment sortir de la délégitimation respective ?

« C’est un gros lobby » (à propos d’un militant associatif)

Cette phrase entendue à l’occasion de discussion sur des démarches participatives a été un véritable choc. Je me suis alors dit qu’il y avait vraiment à creuser plus profondément cette question de la qualité politique d’un individu dans une société.

On dépasse en effet la disqualification procédurale de la conférence de citoyens, qui choisit de réunir des citoyens « vierges » d’a priori sur le sujet sur lequel ils vont devoir statué. Ici le citoyen engagé, défenseur d’un intérêt qui dépasse ses intérêts personnels, est considéré au même titre que des « lobbys » qui défendent des intérêts particuliers.

Il faut dire que les « fausses » concertations ne contribuent pas à valoriser la participation comme un approche crédible et performante.

Cet exemple sur le génie génétique est assez illustratif :

Cette remarque vise à reconsidérer la représentation politique existante (élue) comme seule légitime à défendre un intérêt général. Pourtant, non seulement ce monopole de l’intérêt général (voir le 2e questionnement), mais la légitimité des élus à représenter sont remis en cause. Hausse de l’abstention et la défiance vis-à-vis des élus, qui gagne désormais les élus locaux, en sont les syndromes.

Une autre attaque courante pour décrédibiliser la participation est celle du niveau de participation, comprenez la part de personnes concernées qui y prennent part. Pourtant, ce niveau de participation ne peut pas être le seul critère d’évaluation de cette approche, car il ne pourra dans la plupart des cas que rester relativement bas, comme l’explique Jean-Michel Cornu : (de 2’35 à 7’00)

Nous ne sommes pas loin, souvent, d’une tentative de délégitimation respective de la représentation et et de la participation. Mais ce sont en fait deux modes de représentation qui s’affrontent : une représentation sélective par l’élection, et une représentation sélective par la mobilisation.

Mais si au lieu de l’affrontement, on cherchait à faire coexister ces modes de représentation et à en inventer d’autres, pour « la multiplication des représentations partielles » comme nous invite Pierre Rosanvallon qui propose de « compliquer la démocratie » : (de 20’00 à 21’35)

Sans doute, le design et l’innovation sociale peuvent contribuer à élargir le panorama des outils et méthodes de représentation, qui soient capables d’enrichir l’appréhension de la société et son expression politique.

Voilà un beau défi.

Qui n’est pourtant que le début : une analyse de la « statique politique » pourrait-on dire. Il restera encore à appréhender ensuite la dynamique politique : la délibération.

 

L’intérêt général à l’épreuve des biens communs : quel avenir pour le service public ?

cc.large

Je vais faire court sur ce sujet car c’est une vallée que j’ai aperçue sur la carte, mais où je ne me suis pas encore aventuré.

Je ne suis déjà pas au clair sur la définition des biens communs, mais j’entends bien qu’elle dépasse la notion de biens publics, bien connus des économistes, et pour lesquels la prise en charge par un monopole d’Etat fait l’objet d’un large consensus.

Les biens communs impliquent la participation de multiples acteurs (jusqu’aux citoyens) dans leur conception, production et gestion. Cela interroge alors le rôle de l’acteur public, forcément différent dans ce cas.

Les biens communs doivent-ils faire l’objet de politiques publiques ?

Doit-on dans certains domaines passer d’une logique de bien public à celle de bien commun ?

Quel rôle pour le service public dans leur coconception, coproduction et cogestion ?

Quelle transformation du service public pour s’adapter ?

CC ar benontherun.com @Flickr

CC ar benontherun.com @Flickr

Le débat me semble encore complètement à mener. Et ne pas le mener, de peur de l’épouvantail que constitue la logique de marchandisation-privatisation des biens publics, consiste à reculer pour mieux sauter (dans le vide). Je préfère autant m’approcher du précipice, quitte à avoir le vertige au début, mais être capable de déployer ma voile à temps.

* * *

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