Au pays de l’informel, les mieux formés dominent

CC Denis Thonnard @Flickr

CC Denis Thonnard @Flickr

Hier soir se tenait la plénière de l’Agenda 21 des cultures du territoire d’Angers.

La visioconférence avec le témoignage de la démarche de Medellin (Colombie) a permis de prendre du recul, de s’enrichir et de s’inspirer.

Il était prévu ensuite, à partir des propositions issues du Forum Développement durable de l’automne, d’imaginer très concrètement des outils pour favoriser l’implication dans l’Agenda 21 de nouveaux acteurs et des acteurs déjà impliqués. Mais l’atelier s’est transformé en discussion générale. Je ne cache pas ma déception face à la difficulté à formaliser et concrétiser la démarche collective, au-delà de la concrétisation que constituent les actions formidables menées par chacun des acteurs.

 

Inégalités et bien commun

Si la démarche n’est pas formalisée et outillée, seuls les acteurs qui ont les moyens (capital économique), les connexions (capital social) et les clés (capital culturel) sont en capacité de s’y impliquer et d’en tirer des bénéfices.

Les acteurs isolés, marginaux (en marge des sentiers battus), de petite taille,… ne rentrent pas dans la dynamique vertueuse de la démarche : transformation individuelle et collective de part les interactions et les apprentissages suscités par la démarche.

Dans ces conditions, la démarche renforce alors les inégalités de fait. L’on peut également supposer que le bénéfice collectif est moindre, du fait qu’une partie des acteurs ne sont pas impliqués. En effet, le (bien) commun est produit à partir des interactions entre les acteurs, or le potentiel d’interactions augmente de façon exponentielle par rapport à l’augmentation du nombre d’acteurs concernés. C’est l’effet réseau.

 

Responsabilités

La première responsabilité est celle de chacun des acteurs, a fortiori de ceux les moins bien dotés en capital. Ne pas se cantonner dans son coin : tenter l’aventure des chemins de traverses, mettre les pieds dans le plat(e-bande) des espaces monopolisés par les acteurs « majeurs » (afin de combattre la condition d’acteur « mineur », dans les deux sens du terme : enfant irresponsable et minoritaire marginal). La tâche n’est pas facile : elle nécessite conscience, volonté, courage et résilience. Le chemin vers l’émancipation n’est pas de tout repos, car il commence par sa propre mise en action.

La seconde responsabilité est celle des acteurs (les plus) impliqués dans la démarche. Doit-on se satisfaire d’y être parvenu, ou doit-on chercher les modalités de participation du plus grand nombre ? Cela implique d’abord d’écouter les acteurs perdus, épuisés ou qui souffrent sur le chemin, pour comprendre leurs difficultés et leurs attentes pour leur permettre de poursuivre. Et ensuite, de coconcevoir et coconstruire les outils dont pourront s’emparer et se servir ces acteurs pour s’impliquer, à leur bénéfice et au bénéfice collectif, et donc des acteurs déjà impliqués.

 

Et maintenant ?

Gageons que la déception de la veille soit le moteur du jour pour des lendemains plus heureux.

 

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