Vers un programme d’actions de l’Agenda 21 des cultures du territoire d’Angers

Les mots récurrents apparaissant dans les 1ères propositions du plan d’actions commun

Lundi 2 juillet se déroulait une plénière de l’Agenda 21 des cultures qui fût l’occasion de rappeler l’historique de la démarche (diagnostic, charte d’engagement, priorités et propositions d’actions). Aux acteurs du territoire de s’emparer de ces travaux pour s’engager dans des actions : rendez-vous le mardi 18 septembre à 18h à l’Hôtel des Pénitentes (Doutre) pour « se compter » et envisager d’éventuelles collaborations. Comme dit l’invitation : « Alors lisez, cochez, complétez, rayez, imaginez, soulignez, rêvez, regroupez, prenez le contre-pied, inventez… »

 

En décembre 2012, tous les partenaires et le Conseil municipal approuveront le programme d’actions communs élaboré.

La municipalité a une pression supplémentaire pour concrétiser puisqu’elle pourrait prendre la Vice-présidence de la Commission Agenda 21 de la culture de CGLU.

 

4 témoignages

Pour donner envie et des idées, 4 acteurs ont témoigné d’actions mises en œuvre dans le cadre ou en cohérence avec l’Agenda 21 des cultures. Revue de détail :

Les références numérotées à des enjeux et engagements renvoient à la charte d’engagement adoptée le 22 février 2011.

 

Le Quai élabore son Plan de Déplacement d’Entreprise (PDE)

J’avoue avoir eu une pointe d’inquiétude au début de cette présentation qui me semblait limiter la question de l’Agenda 21 de la culture à « verdir la culture », tout ce que nous avions combattu. Même si l’enjeu environnemental des activités culturelles n’est pas à oublier, et on le retrouve cette question dans l’engagement 6.2.2.

Néanmoins, le jeu de questions-réponses a permis de voir que sous le vernis vert se profilaient de vraies interrogations :

  • Comment passer des discours aux actes, quand les spectateurs déclarent être intéressés par le covoiturage pour venir au spectacle afin de tisser du lien social ?
  • Comment travailler sur la perception du confort pour faire évoluer les usages vers les transports en commun sans que ce transfert apparaisse comme une contrainte ? Ce qui peut déboucher sur des revendications en termes de service public : obtenir une meilleure desserte de l’équipement.
  • Comment repenser la diffusion des spectacles pour limiter les déplacements des compagnies (et des semi-remorques) ?

 

A noter également les échos avec des créateurs d’entreprise (projets de taxi-bus au prix d’un ticket de bus pour faciliter les retours après le spectacle, face au déficit de service public de transport) et avec les travaux sur les temps de la ville (notamment en cours au sein du Conseil de quartier de La Doutre).

 

 

Le Chabada : quel projet pour demain ?

Le Chabada s’est engagé très tôt dans la démarche d’Agenda 21 de la culture en se positionnant comme action témoin. L’association a plus de 20 ans et est passée d’une association de revendication (pour l’obtention d’un lieu de répétition et diffusion) à une association de gestion (d’un équipement culturel dans le cadre d’une DSP).

 

L’ouverture à une réflexion existentielle partagée que constitue l’Agenda 21 de la culture fût l’occasion pour cette association de se rendre compte que les membres du CA (souvent des fondateurs) et l’équipe salariée travaillaient en parallèle, seuls les 2 personnes de la Direction faisant le lien.

L’association s’est alors fait accompagnée par Christelle Blouët du réseau Culture 21, ce qui s’est notamment concrétisé par l’organisation d’un forum ouvert (Wikipedia) début 2012 qui fut la première vraie réunion entre membres du CA et salariés. A partir de la question « Le Chabada : quel projet pour demain ? » (qui pris quelques heures à être définie), il est ressorti 15 actions en « chantier-actions » (PDF) réparties dans 4 thèmes :

  • Eco-responsabilité
  • Gouvernance et démocratie participative
  • Accompagnement des publics
  • Accompagnements des artistes

La moitié des actions font référence à l’engagement 4.2.3.

Pour la mise en œuvre, des « doodle » ont été diffusés pour identifier les personnes souhaitent s’impliquer dans une action, sans limitation de métier, de statuts,… Ainsi, certaines actions sont engagées (intégrer un collège d’usagers au CA) et d’autres pas faute de participants (circuits courts). Pour la petite histoire, le travail sur les statuts fait émerger des idées comme un tirage au sort parmi les abonnés (qui ne sont pas forcément membres de l’association) jusqu’à ce que 3 acceptent de siéger au CA.

 

En conclusion, quelques leçons :

  • « L’Agenda 21 de la culture, ce n’est pas faire de nouvelles choses, mais faire autrement les choses. Mais comment ? » (Directeur) : imaginer ce comment nécessite un investissement.
  • « C’est reparti pour une décennie » (Membre du CA) : la démarche a permis de dynamiser le collectif autour d’un projet partagé.
  • Trouver l’équilibre entre horizontalité et verticalité dans l’organisation, c’est-à-dire entre permettre l’épanouissement des personnes engagées dans la co-construction et les décisions prises par le CA et la Direction qui ne peuvent pas dire oui à tout.

 

Je profitais de ce témoignage vivifiant pour inviter la municipalité à s’en inspirer pour son propre fonctionnement, à l’instar de ce que je peux expérimenter avec la 27ème Région.

 

 

Le SAAS : l’innovation sociale dans le domaine culturel

Cette structure qui regroupe des compagnies et des artistes apparaît comme une précurseur de nombreux engagements de l’Agenda 21 de la culture :

L’enjeu 1 est un des fondements du SAAS puisque ses statuts visent au respect des différences d’approche sans aucun jugement artistique. De même, son Festival « ça chauffe… » n’a pas de ligne artistique et est constitué de la diversité des propositions que font les compagnies.

Concernant l’enjeu 4, le SAAS contribue à la démarche de l’Agenda 21 de la culture depuis le début (avec un représentant au groupe partenarial notamment), mène des réflexions avec l’IRESA ou la conférence régionale de la culture.

Plus spécifiquement pour l’engagement 4.2.3, son fonctionnement actuel a fait l’objet de réflexions durant 2 ans pour aboutir à un modèle qui cherche l’égalité de la parole (AG mensuelle souveraine des présents) et le partage de la représentation (2 personnes élues et 2 tirées au sort). Il est intéressant ici de noter les passerelles avec les mouvements sociaux : l’AG mensuelle des présents est une reprise du fonctionnement du Gmonde environnement, la représentation partagée avec tirage au sort fût reprise du SAAS pour le FSL Rural !

Pour l’engagement 5.2.6, l’entraide et la coopération se matérialisent dans dans les pratiques, par exemple par la répartition du loyer du bureau mutualisé en fonction des revenus des membres.

 

Si l’Agenda 21 de la culture conforte le SAAS dans ses orientations, il ne s’endort pas non plus sur d’hypothétiques lauriers : outre la participation au groupe partenarial, il a mis en place une de sa dizaine de commissions sur ce sujet qui a notamment travaillé sur un état des lieux au regard des engagements prioritaires dans le cadre de la démarche. Dans ces projets, il compte pleinement poursuivre le travail engagé : réflexion d’élargir la gouvernance à ses partenaires dans la Cité (ex-Cité de la Solidarité, qui associera des acteurs divers pas forcément culturels).

 

 

Léo Lagrange Trélazé : à la recherche d’une éducation vraiment populaire

Son directeur est revenu sur le festival [E]-T, opération lancée au moment de la signature de la charte, et dont la conception a été éclairée par l’Agenda 21 de la culture. Face au risque de proposer une opération hors-sol pour des initiés, la volonté fût forte de travailler avec les habitants du Grand Bellevue (ex-Les Plaines). Le pari a été gagné en appliquant des principes du type 1 pers = 1 voix et « on laisse les statuts à la porte ».

 

Certaines propositions du Festival répondaient à l’engagement 4.2.3, comme la table-ronde sur « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les réseaux sociaux… » avec la mise en place d’un twitterwall, comme la mise en place d’un Conseil municipal des jeunes au travers d’un blog créé et géré par les jeunes (pour le moment sans modérateur), ou encore le théâtre-forum auquel j’avais assisté.

 

Désormais, Léo Lagrange Trélazé organise plusieurs fois par an les ateliers du futur qui réunissent l’équipe en micro-groupes pour favoriser l’expression sur les projets, au-delà des champs de compétence définis par les casquettes professionnelles.

 

Conclusion

Ce que je retiens de toutes ces présentations, c’est l’énergie libérée lorsque l’on relâche les contraintes organisationnelles hérités du passé (hiérarchie, silo métier,…). Le pari à gagner est celui de savoir gérer cette explosion créative afin que cela ne parte pas dans tous les sens, mais que cela génère une intelligence collective dont nous avons besoin plus que jamais.

Je me dis qu’il s’agit de redonner sens au collectif tout en reconnaissant l’individu, qui constitue la voie de l’émancipation entre un individualisme consumériste à la mode et un collectivisme totalitaire épouvantail.

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