Agenda 21 des cultures du Territoire d’Angers

Mardi 22 février, une partie des acteurs mobilisés dans la coconstruction de cet Agenda 21 se réunissaient pour adopter la charte d’engagement. Si le document est « riche de ses imperfections » comme l’a souligné un intervenant, il n’a pas été soulevé de point de blocage. Après avoir même modifié un alinéa à plusieurs voix en plénière, il a été adopté par les présents, avec simplement une personne se réservant.

Le travail de concrétisation de ses engagements va désormais commencer avec la coconstruction d’un plan d’action territorial et d’éventuels plans d’actions spécifiques pour chaque acteur (mairie, opérateurs culturels publics ou privés, associations, etc).

Mais avant cela, ce que je retiens de cette charte d’engagement :

 

Avancées essentielles

Ce sont les éléments principaux qui m’ont fait adopter la charte (avec ceux que je cite plus bas).

 

Considérer la culture dans son sens large, et non sa restriction à l’artistique.

« Le terme « culture » recouvre les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité d’une part, et d’autre part les significations qu’il donne à son existence et à son développement. » (I. Des valeurs et des repères communs.)

 

Prendre en compte la dimension culturelle dans toutes les politiques publiques.

« Engagement 2.2.1 – Inclure dans tout projet concernant la vie de la cité une réflexion culturelle :
– questionner les articulations et les impacts de ce projet sur les modes de vie, les relations, les croyances, les savoirs… ;
– mener une réflexion sur les valeurs culturelles portées par ce projet. » (Enjeu 2 – Articuler les démarches culturelles avec les autres projets et politiques du territoire)

 

Coproduire les politiques publiques avec les citoyens

« Engagement 4.2.2 – Créer les conditions de l’implication des citoyens dans la co-élaboration, la co-mise en oeuvre, le suivi des politiques publiques et des projets, dans le respect des différents lieux de décision. » (Enjeu 4 – Favoriser les démarches de coopération et de co-construction des initiatives et des politiques culturelles)

Même s’il reste le verrou « des différents lieux de décision. », c’est tout de même une énorme avancée.

 

Réactions du « monde de la culture »

Enfin un document sur les politiques culturelles qui ne parle pas de « publics », mais de citoyens.

Publics au sens qu’il a dans l’expression « toucher tous les publics ». En conséquence, une autre personne s’interrogeait alors sur l’indicateur de la fréquentation (quantification du public) dans l’évaluation des projets culturels.

 

L’engagement de coproduction avec les citoyens réinterrogent les professionnels de la culture, dans leurs projets et leur organisation.

Un travail important semble s’ouvrir pour repenser les « modes de production » et les métiers.

 

L’intégration des enjeux de notre époque

La mondialisation néolibérale

« 5.1.2 – Face au constat d’une concentration des industries culturelles à l’échelle mondiale comme locale, et donc à un affaiblissement des conditions d’existence de la diversité culturelle, il est indispensable que les politiques publiques et les autres initiatives territoriales mettent en place, ou accompagnent des contrepoids. Ce rééquilibrage vise autant à préserver et à développer la diversité culturelle qu’à favoriser d’autres rapports économiques que ceux portés par le secteur privé lucratif. » (Enjeu 5 – Contribuer à une économie de la culture plurielle et responsable)

 

L’écologie

« 6.2.5 – Développer les productions, les projets et les manifestations culturelles interrogeant le rapport entre les êtres humains et la nature. » (Enjeu 6 – Relier culture et environnement)

Je regrette que la charte mentionne l’« environnement » et non l’« écologie » (que faisait l’élue écologiste du groupe partenarial qui a consolidé le texte ? 😉 ), mais il mentionne également la « nature », alors ça compense un peu. Mais il y a là de quoi « mener une réflexion sur les valeurs culturelles » (cf engagement 2.2.1).

 

Le numérique ? Le grand absent de cette charte

C’est le seul manque par rapport à mes contributions à cet Agenda 21. Les technologies de l’information et de la communication (TIC), et au premier titre internet, me semble avoir des impacts énormes sur nos modes de vie, notre rapport au monde et aux autres. Certains parlent d’une révolution équivalente à l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie. Même si l’on ne va pas jusque là, on peut quand même se dire qu’il y a là un enjeu de société, culturellement non neutre.

C’est d’autant plus étonnant que la « culture », au sens de classique des politiques et de l’économie, est pleinement impactée : numérisation des archives, encyclopédie participative Wikipedia, accès aux œuvres et question du respect des droits d’auteur,…

Reste la possibilité de l’intégrer dans le plan d’actions, avec notamment le projet de cantine numérique, et pourquoi pas les balades urbaines.

 

En savoir plus sur la démarche d’Agenda 21 des cultures, et télécharger  la Charte d’engagement

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