Vers la fin du fichage ADN ?

J’ai découvert dans mon Science et Vie favori que des chercheurs (The code within the code, revue Nature) avaient trouvé (en partie) comment des bouts d’ADN « non-codants » (ex-« ADN poubelle ») intervenaient dans le processus de fabrication des protéines (l’épissage ça s’appelle)… bref, ces bouts d’ADN « non-codants » codaient quand même finalement, mais différemment !

Une explication synthétique en français (Source : Le deuxième code génétique) :

Un même gène peut coder des protéines différentes selon le type de cellules où il s’exprime. Désormais, on comprend un peu mieux les règles qui gouvernent cette diversité.

Comment fonctionne l’épissage alternatif ? Chez les eucaryotes (les organismes, tel l’être humain, dont les cellules sont pourvues de noyaux), les gènes ne sont pas d’un seul tenant, mais constitués de plusieurs fragments, les exons et les introns : seuls les premiers participent au codage des protéines. Lors de l’épissage, les introns sont éliminés et les exons sont raboutés en un ARN messager dit mature : c’est lui qui est ensuite traduit en protéine. Mais parfois, certains exons sont eux aussi mis de côté et n’interviennent donc pas dans la fabrication de la protéine. Ainsi, à partir d’un nombre donné d’exons dans un gène, c’est tout une combinatoire qui est autorisée.

L’une des difficultés pour comprendre les ressorts de l’épissage alternatif est qu’il dépend des séquences à la frontière des introns et des exons, mais aussi d’une multitude d’autres séquences, situées dans les exons et dans les introns. Ces séquences dites auxiliaires sont reconnues par des facteurs de régulation qui favorisent ou à l’inverse empêchent l’épissage de tel ou tel morceau. Une autre difficulté tient aux effets variables d’une séquence auxiliaire selon sa position dans le gène. Comment s’y retrouver dans cet imbroglio de relations ?

Je me suis alors précipité pour relire mon code pénal favori et j’y ai vu que le prélèvement ADN ne pouvait se faire que sur de l’ADN non-codant ! C’est l’article 706-54 du Code de procédure pénale.

« Les empreintes génétiques conservées dans ce fichier ne peuvent être réalisées qu’à partir de segments d’acide désoxyribonucléique non codants, à l’exception du segment correspondant au marqueur du sexe. »

Alors, 3 choses l’une :

  • soit on a une lecture restrictive, et on dit « non-codant » au sens du premier code simple telles bases = telle protéine (ce qui est une simplification, et ne traduit pas totalement la réalité)
  • soit on se dit : il faut prendre en compte le nouveau code découvert, et ça fout peut-être en vrac une bonne partie des empreintes stockées.
  • soit on se dit : ne va-t-on pas déchiffrer d’autres codes demain ? et du coup, faut prendre cela en compte et arrêter le fichage systématique.
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  1. Un débat sans gêne « Mickaël Poiroux - 12 décembre 2012

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