Enercoop, un service public ?

Je reste dubitatif quand on déclare qu’« Enercoop est un service public ». C’était déjà sorti lors de la présentation/promotion d’Enercoop qui avait eu lieu à la fête bio il y a quelques années, et je vois que cette idée perdure sans je l’avoue comprendre les arguments qui justifie cette affirmation.

Aussi, dans un premier temps, je vous ferai part de mes arguments pour dire qu’Enercoop n’est pas un service public. Dans un second temps, je reviendrai à une approche économique pour montrer l’impact faible ou inexistant d’Enercoop dans l’arrêt du nucléaire (l’autre argument fort donné par ses promoteurs).

1. Service public ?

Je m’attarderai moins sur la définition d’un service public que sur ses caractéristiques qui, pris comme critère, doivent permettre de juger si Enercoop est ou n’est pas un service public.

Je vois 4 caractéristiques :

  • égalité d’accès
  • solidarité
  • démocratie
  • au service du public

Un petit rappel pour les lecteurs ayant raté des épisodes. Les Etats de l’Union européenne ont décidé de libéraliser le secteur de l’énergie : cela veut dire mettre un terme au monopole d’Etat (via EDF en France), et permettre à tous les acteurs publics ou privés de devenir des fournisseurs d’électricité sur un marché où règne désormais la « concurrence libre et non faussée ».

Enercoop est une coopérative qui se veut responsable. Pour autant, Enercoop justifie la libéralisation du secteur de l’énergie : elle a donc sa responsabilité dans les conséquences de cette libéralisation.

Egalité d’accès

L’égalité d’accès nécessite deux conditions :

  • Une condition technique : un raccordement au réseau de distribution de l’électricité, réseau offrant une qualité de service homogène sur le territoire (que l’on va traiter ici)
  • Une condition monétaire : avoir les moyens de payer l’électricité (je traiterai cette seconde condition dans la partie Solidarité)

La libéralisation du secteur de l’énergie n’a concerné que la fourniture, et non la distribution : l’entretien, le renouvellement et le développement du réseau des lignes reste l’apannage d’autres acteurs publics : RTE pour les hautes tensions, et ERDF pour les autres lignes.

Nous sommes donc passé d’une situation où fournisseur et distributeur avaient le même intérêt, puisqu’ils ne faisaient qu’un dans EDF, à une situation où l’intérêt des fournisseurs et l’intérêt des distributeurs sont opposés : les fournisseurs recherchant à maximiser leur profit vont faire pression pour réduire la part du prix de la facture qui revient aux distributeurs (environ 50% actuellement). La concurrence pure et parfaite n’existant pas, nous aurons certainement dans quelques années quelques entreprises géantes qui domineront le marché, d’ailleurs probablement d’anciens opérateurs publics privatisés. Ces entreprises seront alors en capacité de faire pression pour s’accaparer la valeur ajoutée aux dépens des distributeurs qui risqueront de ne plus pouvoir financer correctement le réseau avec le risque d’inégalité d’accès : coupures régulières car réseau inadapté ou pas entretenu, tarifs plus élevés dans des zones éloignées des lignes principales du réseau ou à faible densité de population. Les cas du rail ou de la poste sont des exemples contemporains de ce qui nous attend.

Solidarité

Avant la libéralisation, il n’y avait qu’un seul prix pour l’électricité. C’est ce qu’on appelle le tarif réglementé fixé par le gouvernement : ce tarif peut être décorrélé du coût réel de production/distribution et être fixé relativement bas pour garantir un accès à l’électricité au plus grand nombre (je n’entrerai pas dans le détail des dispositions complémentaires, que je ne connais pas vraiment, qui permettent de tendre du plus grand nombre vers tous). L’Etat a en effet la possibilité de compenser l’écart coût-prix avec ses revenus, notamment les impôts qui sont fonction des revenus des citoyens. La contribution au service public est donc en partie dépendante des revenus des citoyens.

Avec le marché, chaque fournisseur fixe son prix, y compris EDF qui propose donc tarif régleménté et tarif de marché. Et, une entreprise devant être rentable, les prix sont forcément supérieurs au coût, et donc actuellement au-dessus du tarif réglementé. Tous les clients doivent payer le même prix : il n’y a donc pas possibilité de faire payer certains (plus aisés) plus que d’autres.

Reste l’argument qu’un prix bas inférieur au coût de production et plus encore au coût écologique, incite à la (sur)consommation des ressources, à l’opposé de sobriété énergétique. Dans les forums sociaux circule une proposition qui permet de réconcilier les objectifs sociaux (accès pour tous) et environnementaux (consommation modérée) : ne pas avoir un prix fixe mais un prix variable en fonction de la quantité consommée. On peut imaginer par exemple de fixer un prix de 0 (la gratuité) pour les x premiers kiloWatts puis un tarif avec une forte progressivité pour les kWs suivants (plus vous consommez, plus le kWs supplémentaire coûte cher). On pourrait même imaginer une progressivité asymptotique : le prix tend vers l’infini pour la quantité y qui fixe donc le maximum consommable. Un rationnement qui a du sens à la fois face aux capacités de régénération limitées des ressources de la planète, et à la fois dans une logique de réduction des inégalités. Les quantités minimum (x) et maximum (y) sont fixées démocratiquement comme l’est actuellement le tarif réglementé.

Que devient cette proposition, que personnellement je trouve puissante, dans une situation concurrentielle ? Tout simplement irréalisable. Les prix sont fixés par les fournisseurs en fonction de la concurrence et de la demande (loi de l’offre et de la demande). Et quant à imaginer imposer à tous les fournisseurs de fournir un minimum d’électricité gratuitement, cela n’est pas possible non plus. Des effets d’échelle peuvent intervenir : les coûts fixes de production peuvent varier quand j’ai 1000 clients ou quand j’en ai 1 million. Et surtout, les modes de consommations clientèles ne sont pas forcément homogènes. En effet, on peut aisément imaginer que les clients d’Enercoop, sensible à la protection de l’environnement, aient une consommation plus faible que la moyenne. La part de la consommation facturée serait alors plus faible chez Enercoop que chez les autres fournisseurs, ce qui handicaperait le développement voire la survie d’Enercoop.

Démocratie

C’est souvent l’argument fort contre le nucléaire (le fameux « Société nucléaire, société totalitaire »). La démocratie que nous connaissons a certainement des lacunes, mais que propose le libre marché ? Les comparaisons entre démocratie et marché ne sont que des illusions. Le qualificatif de « vote avec les pieds », utilisé pour décrire le fait que les consommateurs expriment une opinion en allant chez tel ou tel fournisseur, ne fait du marché une démocratie, qui ne se limite pas au vote. La démocratie est avant tout un processus dans lequel les opinions doivent pouvoir s’exprimer, se confronter mais surtout interagir (la délibération) de sorte que les choix collectifs au final ne sont pas la simple juxtaposition de choix individuels, mais biens des constructions.

Considérons maintenant la démocratie à l’échelle d’Enercoop uniquement. Enercoop a pour membre fondateur le réseau Biocoop dont est membre la Caba-Biocoop dont je suis coopérateur. Cette pyramide de type fédératif assure en principe que l’élément de base (moi) ait son mot à dire sur Enercoop. Or, je n’ai jamais été consulté à ce sujet, et ait encore moins pu participer à la décision de créer ou non cette coopérative. On me rétorquera peut-être que mes représentants à la Caba et à Biocoop l’ont fait pour moi… mais alors, quel progrès avec notre système démocratique actuel où les élus décident pour les citoyens ?

Au service du public

Enercoop semble vouloir fair preuve d’une éthique sans rapport avec les techniques commerciales habituelles. Est-elle pour autant à l’abri ? Ce n’est pas l’expérience que j’en ai. Lors de la présentation d’Enercoop à la fête bio déjà mentionnée, le diaporama support de l’intervention était complètement silencieux sur l’irréversabilité du passage du tarif réglementé à une offre de marché (les militants asurant la présentation n’en portent pas la responsabilité car ils utilisaient le support fourni par Enercoop). Ce mensonge par omission rappelle les techniques commerciales les plus détestables. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, il est en fait mention sur le site internet d’Enercoop, mais plus pour mettre en avant la réversibilité possible jusqu’en 2010 comme argument commercial (essayez, c’est sans risque), que pour prévenir des risques (variabilité des prix, avec une augmentation possible).

Lors de la même présentation, nous avions eu droit à un témoignage de nouveau client expliquant avec quelle facilité il avait changé de fournisseurs sans aucune détérioration de service. Un argument fallacieux. En effet, l’électricité produite par les centrales nucléaires d’EDF et les panneaux photovoltaïques d’Enercoop ets introduite sur le réseau, où les électons des uns deviennent indifférenciables de ceux des autres. L’electricité reçue à domicile après avoir signé chez Enercoop ne viendra pas réellement des producteurs d’Enercoop, d’autant plus si j’habite à Strasbourg, et que les éoliennes sont dans l’Ouest de la France. Le changement de fournisseur d’électricité n’est qu’un jeu d’écriture sans impact sur l’approvisionnement en électricité (Je reviendrai sur cet aspect dans la deuxième partie). Le maintien de la qualité de service dépend du bon été du réseau et de la stabilité de la « masse » de la production aujourd’hui assurée par EDF.

2. Vers la fin du nucléaire ?

La libéralisation du secteur de l’énergie (électrique dans mon propos) est-elle une solution, ou au moins une opportunité, pour sortir du nucléaire ? On retrouve ici le discours de Cohn-Bendit dans l’interview à l’origine de cet article : sans libéralisation, il n’y aurait pas eu la possibilité d’alternatives.

L’offre-poule et l’œuf-demande

L’idée sous-jacente est que sur le marché, les consommateurs en « votant avec leurs pieds » sélectionnent les produits qu’ils souhaitent et font donc disparaître ceux dont ils ne veulent pas. En bref, la demande crée l’offre (On notera au passage que les premiers libéraux pensaient plutôt que l’offre crée la demande, cf la loi des débouchés de Say). Or, cela me semble erroné, car de nombreux facteurs sont à prendre en compte.

Il est d’autant plus étonnant de constater qu’Enercoop a parmi ses membres fondateurs le réseau Biocoop, bien placé pour avoir observé que la hausse de la demande de produits issus de l’agriculture biologique n’entraînait pas mécaniquement une hausse de la production. La France importe en effet une bonne partie de ces produits (estimation de 30% en 2008 selon l’Agence Bio). Pourquoi les producteurs locaux ne répondent-ils pas une demande aussi claire ? Les raisons sont multiples : choix politiques (subventions, taxes, réglementation), rareté des facteurs de production (terres, compétences), ou encore la difficulté de financement auprès d’un marché du crédit à la recherche de retours sur investissement rapides… liste non exhaustive. On voit donc que les facteurs impactant les types et modes de production sont plus nombreux que la simple existence d’une demande solvable.

Q’en est-il pour l’électricité produite à partie d’énergie renouvelable ? Il existe déjà une demande infinie… le rêve ! En effet, EDF a l’obligation de racheter cette électricité à un tarif (lui aussi réglementé) plutôt avantageux : « [EDF est tenu] d’acheter l’électricité produite par certaines installations dont l’Etat souhaite encourager le développement et qui, en raison de leur coût, ne pourraient pas trouver leur place dans le seul cadre du marché. » dit le site d’EDF.

L’alternative au nucléaire est donc possible dès maintenant, sans marché concurrentiel, s’il se trouve assez de producteurs pour vendre à EDF l’électricité que celle-ci fournit aux millions de Français et entreprises. Et pourtant, on voit bien qu’on en est loin. Les obstacles sont ailleurs, peut-être :

  • choix politiques (orientation de la recherche publique),
  • insuffisance des compétences sur des technologies nouvelles et innovantes,
  • manque de financement pour des projets à moyen et long terme,
  • rareté de facteurs de production (pas le soleil bien sûr, mais les lieux potentiels d’implantation d’éoliennes),
  • etc

Le monopole d’EDF comme fournisseur d’électrivité n’était pas un monopole de la production d’électricité. D’ailleurs, il me semble qu’il n’est pas rare que des collectivités locales produisent de l’électricité. Le monopole d’EDF était simplement un instrument permettant une fixation démocratique des prix, différents pour l’offre et la demande, qui puisse prendre en compte les coûts écologiques et sociaux complètement ignorés par le marché.

Enercoop pouvait donc très bien promouvoir le développement des énergies renouvelables sans le marché via la mutualisation des compétences et le partage d’expériences, et via la collecte de l’épargne pour financer des projets. Sur ce dernier point, on a ici un parallèle avec la foncière Terres de lien qui collecte l’épargne pour acheter des terres agricoles et permettre l’installation d’agriculteurs bio. Cette démarche soutenue par le réseau Biocoop est bien le témoignage que le levier de la demande des consommateurs n’est pas suffisant.

Consommateur 1 – Citoyen 0

Réfléchissons maintenant à l’efficacité de l’action d’Enercoop dans le cadre du marché nouvellement institué. Enercoop va chercher à s’approvisionner auprès de producteurs utilisant des énergies renouvelables, et va donc se retrouver en concurrence avec EDF, qui a l’obligation d’acheter leur électricité. Si un producteur choisit de vendre son électricité à Enercoop, il ne la vendra pas à EDF (alors que la vente était assurée en raison de l’obligation d’achat par EDF). Toute l’électricité fournie par Enercoop l’aurait été de toute façon par EDF. Le résultat des courses est donc nul en volume : un parfait effet de substitution.

Le seul changement est d’ordre symbolique : les clients d’Enercoop s’approprient symboliquement (et pas physiquement comme on l’a vu précédemment) l’électricité issue des énergies renouvelables. Il y a alors un risque de voir les consommateurs s’acheter une bonne conscience au prix fort. On imagine aisément des fournisseurs (sans doute pas Enercoop) s’appovisionner sur le marché européen de l’énergie : acheter des kWs d’« électricité verte » dans tous les coins de l’Europe, sans que cela ne remette en question le nucléaire en France.

Enercoop utilise le commerce pour collecter des fonds en vue de soutenir des projets de développement des énergies renouvelables, plutôt que de faire appel à la générosité publique ou à l’épargne solidaire. Et en effet, les consommateurs d’Enercoop auraient-ils été prêts à donner ou prêter l’argent qu’il paie aujourd’hui sur la facture en surplus du tarif réglementé ? Sans doute pas aussi facilement je le crains, et c’est là le seul atout que j’accorde à Enercoop, qui a donc un (très) léger effet volume en orientant des fonds vers les énergies renouvelables. Mais cela ne vient-il pas appuyer l’hypothèse d’un achat déculpabilisant ? Et surtout, cela vient renforcer une fois de plus l’idée que la seule « arme » qui nous reste est l’acte d’achat du consommateur (ou mieux consomm’acteur) que nous sommes, oubliant de plus en plus le citoyen qui est en nous.

Conclusion

Tous les arguments que je viens d’exposer me font penser que la libéralisation du secteur de l’énergie qu’Enercoop veut exploiter aura des conséquences sociales désastreuses, sans réels bénéfices écologiques et en tout cas sans contribuer à en finir avec le nucléaire.

Loin de moi de croire que la situation antérieure à la libéralisation était l’âge d’or du service public. Mais le mal n’était pour moi pas dans l’économie régulée, mais plus dans la démocratie telle qu’elle existe dans notre pays. Pour moi, le combat à mener est celui de la démocratisation des services publics, de la participation plus directe du plus grand nombre aux choix collectifs, bref faire émerger une vraie figure du citoyen, seul capable de faire face aux défis du XXIème siècle. Le consomm’acteur n’est pas sans pouvoir, mais son pouvoir n’est souvent guère plus que le pouvoir d’achat.

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19 responses to “Enercoop, un service public ?”

  1. Sylvain says :

    Personne n’a dit à la Fête Bio 2007 qu’Enercoop était un service public ! Enercoop est une Coopérative d’Intérêt Collectif (collectivités, entreprises, citoyens, etc.) et le service public reste via ERDF !

    L’électricité du petit éolien n’est pas racheté par EDF, mais Enercoop le fait et c’est toujours des kWh « verts » en plus. Les énergies renouvelables étant bcp plus créatices d’emploi, vive la révolution de ces énergies via Enercoop ou même EDF Energies Nouvelles !

  2. Mickaël says :

    Bonjour Sylvain,

    SERVICE PUBLIC

    Mon souvenir, très clair, est que l’un des intervenants s’est clairement revendiqué du service public.
    D’ailleurs, sur le site d’Enercoop, on peut lire : « réunir élus, consommateurs, producteurs et associations dans une démarche de service public décentralisé. » (La SCIC Enercoop).
    En même temps, les choses ne sont pas toujours aussi clair. La plaquette grand public distribué cet automne 2009 précise ainsi : « Enercoop (…) offre une alternative dans le secteur de l’énergie, secteur où la recherche du profit tend à remplacer celle du service public ». On peut donc voir qu’Enercoop se positionne en alternative aux entreprises privées, mais aussi en alternative au service public. A moins qu’elle considère que le service public est inexorablement en cours d’extinction… alors qu’en réalité elle y contribue en développant la logique des offres de marché.

    ERDF, SERVICE PUBLIC

    Tu dis « le service public reste via ERDF ». Dans la plaquette grand public de cet automne 2009, on peut également lire : « les gestionnaires du réseau de distribution d’électricité, qui reste un monopole, garant du service public ».

    Sur ce point, je recommande cet article de Wikibéral (un wikipédia libéral) : Monopole
    Extrait :
    « Lorsqu’il est possible de dissocier techniquement la gestion de l’infrastructure de celle des services rendus au client final, les tenants de la théorie libérale appliquée à l’économie (c’est notamment le cas de la politique suivie par l’Union Européenne) pensent qu’il est possible de maintenir la première dans le cadre d’un monopole contrôlé et d’organiser la concurrence dans les services. »

    Ensuite, par rapport aux 4 critères de service public que j’énonçais dans mon article, ce maintien du monopole de RTE / ERDF ne concerne que l’égalité d’accès (technique) et la démocratie.
    La solidarité (pour un accès pour tous) et le service du public sont perdus par la mise en place du marché concurrentiel.
    Et comme je le signalais dans mon article, la constitution de grands groupes énergétiques privés (situation d’oligopole) risque de faire pression pour le non-respect de l’égalité d’accès, en privilégiant les lignes « rentables » au dépens de lignes raccordant des zones moins peuplées. On voit ce qu’il en est aujourd’hui pour le rail, avec les fermetures de petite ligne, mais aussi pour la Poste avec la fermeture de bureaux de poste et la suppression de boîtes aux lettres.

    Cet argument ne me semble pas répondre à ma critique.

    PETIT EOLIEN

    Tu dis : « L’électricité du petit éolien n’est pas racheté par EDF ».
    De ce que j’ai pu voir, le rachat ne dépend pas de la taille de l’installation, mais de la présence de l’installation dans une ZDE (zone de développement de l’éolien). ZDE qui sont définis en tenant compte de plusieurs critères : potentiel éolien de la zone, possibilités de raccordement au réseau électrique, protection des paysages, monuments historiques, sites remarquables et protégés.

    Sans doute estimes-tu que pour du petit éolien, les impacts sont minimes face aux parcs « industriels » d’éoliennes, et qu’il faudrait simplifier les procédures pour permettre le rachat de l’électricité produite ? Et je me demande : cette demande a-t-elle fait l’objet de campagne de plaidoyer auprès du législateur ? Est-il inimaginable d’obtenir cela ?

    COMPLEMENT SUR ARGUMENTAIRE D’ENERCOOP

    Dans la plaquette grand public de cet automne 2009 déjà mentionnée, je lis :

    1. »L’idée : créer un circuit court entre la production et la consommation »
    > Quel circuit commercial est à raccourcir ? EDF produit de l’électricité et me la vend : il n’y a pas d’intermédiaire ! Comment faire plus court ?
    Dans le cas d’Enercoop, la coopérative est l’intermédiaire entre le producteur et le consommateur… le circuit est donc moins court !
    > Si l’on envisage « circuit court » au sens de la distance physique maintenant dans un esprit de décentralisation de la production, là encore l’argument ne tient pas : je peux devenir client d’Enercoop à Angers, et que l’énergie équivalente soit achetée par Enercoop à Nice. De toute façon, tout cela n’est qu’un jeu d’écriture comme je l’expliquais dans le corps de l’article.

    2. Une série de questions/réponses veut donner les éléments d’information au client potentiel. Comme par hasard, le seul point litigieux n’est pas inscrit dans le corps du texte, mais dans un renvoi bas de page… les fameuses petites lignes.
    Ainsi, on peut lire dans le corps du texte :
    « depuis le 21 janvier 2008, tout consommateur domestique peut désormais revenir au tarifs réglementés »
    Et dans les petites lignes :
    « La demande doit être effectuée avant le 1er juillet 2010 après une période d’au moins 6 mois passée hors des tarifs réglemntés ».
    Pourquoi ne pas avoir mis cette phrase à la suite dans le corps du texte : on retrouve ici des pratiques commerciales qui ne sont pas à la hauteur de l’éthique affichée.
    A noter que pour une campagne menée notamment le 17 octobre 2009 dans les magasins biocoop, si un consommateur passe chez Enercoop, disons le 15 novembre 2009, la période des 6 mois nous mène au 15 avril 2010… et il ne reste alors à ce consommateur que 2 mois et demi pour revenir au tarif réglementé avant qu’il ne soit trop tard… c’est vite passé.

    • Mickaël says :

      Précision :
      Je dis : « Ensuite, par rapport aux 4 critères de service public que j’énonçais dans mon article, ce maintien du monopole de RTE / ERDF ne concerne que l’égalité d’accès (technique) et la démocratie. »

      mais en réalité, le choix démocratique ici ne concerne que la distribution et le réseau, et non la production.

  3. Yann says :

    Cela fait des années que le réseau Sortir du nucléaire milite pour une politique énergétique plus responsable, transparente, démocratique, etc. Pour des résultats encore bien maigres ! Vouloir «  la démocratisation des services publics, de la participation plus directe du plus grand nombre aux choix collectifs », c’est nécessaire mais, à mon avis, pas suffisant.
    En 2004, le réseau Sortir du nucléaire avait mené une campagne intitulée « Pour un vrai service public de l’électricité » [voir http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=agir&sousmenu=campagnes&soussousmenu=2003&page=pourquoi%5D. Mais, prenant acte de l’absence de débat et de démocratie dans la politique énergétique nationale, il a participé à la fondation d’Enercoop.
    L’action militante proposée par Enercoop est complémentaire à l’information diffusée par le réseau Sortir du nucléaire. Et quand, sur les stands associatifs on nous dit : « oui on est d’accord, le nucléaire est une saloperie, la politique énergétique française est scandaleurs, mais qu’est-ce qu’on peut faire ? », au moins voilà un moyen d’agir.
    J’aurais bien sûr préféré rester chez « l’opérateur historique » mais sa politique m’a obligé à me tourner vers une alternative citoyenne.
    Je ne dis pas que Enercoop est un service public au sens où cette expression est encore entendue (voir les caractéristiques données par Mickaël). Mais je prétends que cette coopérative rend modestement un service au public, car elle propose à chacun une électricité d’origine 100 % renouvelable, avec des tarifs certes plus élevés que les tarifs réglementés (pour peu de temps encore) d’EDF mais qui ont le mérite de refléter le réel coût d’une électricité produite de façon responsable et transparente. D’une part, les bénéfices sont réinvestis dans le développement des énergies renouvelables. D’autre part, ce coût plus élevé incite le consommateur à la sobriété.
    Au passage, avec la future disparition des tarifs régulés, pas besoin d’être un génie pour deviner que le coût de l’électricité va globalement augmenter. Eh bien en Belgique, par exemple, où le marché n’est pas régulé, l’entreprise Ecopower, proche d’Enercoop dans son offre et ses tarifs, affiche de bien meilleurs résultats financiers en proposant l’offre la moins chère de son marché, à l’inverse d’Enercoop (pénalisée car elle ne bénéficie pas comme EDF de la Compensation au Service Public de l’Électricité – CSPE).

    Mickaël a dit : « L’alternative au nucléaire est donc possible dès maintenant, sans marché concurrentiel, s’il se trouve assez de producteurs pour vendre à EDF l’électricité que celle-ci fournit aux millions de Français et entreprises. ». Je doute que cela suffirait à infléchir la politique énergétique française : comme on peut le constater jusqu’à maintenant, l’électricité produite par les énergies renouvelables vient s’ajouter à la production globale. Et permet à EDF de vendre toujours plus d’électricité, sans sortir du nucléaire.

    Pour finir, Enercoop est une SCIC [voir http://www.scic.coop/entreprise-cooperative.htm%5D. Pour participer à la vie démocratique d’Enercoop (comme à celle de Caba-biocoop), il suffit d’être sociétaire, c’est-à-dire avoir acheter une part sociale. Personnellement, en tant que sociétaire-client, je suis invité à participer à l’AG, je peux me présenter au Conseil d’Administration, j’en élis les membres, je suis consulté sur les orientations de la coopérative. Bref, je suis consommateur ET citoyen.

    • Mickaël says :

      « oui on est d’accord, le nucléaire est une saloperie, la politique énergétique française est scandaleurs, mais qu’est-ce qu’on peut faire ? », au moins voilà un moyen d’agir.

      Agir c’est bien, agir efficacement, c’est mieux. Si l’action ne contribue pas à l’objectif global, cela a un caractère déculpabilisant, sans faire bouger les choses. (cf mon argumentation dans le texte.

      elle propose à chacun une électricité d’origine 100 % renouvelable, avec des tarifs certes plus élevés que les tarifs réglementés (pour peu de temps encore) d’EDF mais qui ont le mérite de refléter le réel coût d’une électricité produite de façon responsable et transparente. (…) ce coût plus élevé incite le consommateur à la sobriété.

      Les prix du marché n’ont jamais reflété les coûts réels, en raison des failles des marchés (externalités type pollution non prise en compte dans les coûts de production, distorsions de concurrence, informations imparfaites,…).
      Les tarifs réglementés permettent justement de choisir des tarifs en raison d’objectifs politiques. Exemple récent : « Le gouvernement souhaite que les tarifs réglementés de l’électricité soient plus élevés lorsque la consommation est forte afin d’inciter les foyers à réduire leur demande durant ces périodes, selon un avant-projet de loi dont l’AFP a obtenu une copie le 20 janvier 2010. » (Source : lagazette.fr)
      On peut donc imaginer des tarifs progressifs qui incitent à la sobriété, sans priver les ménages les plus pauvres de l’accès à un minimum d’électricité (cf mon texte). Le développement durable doit concilier les objectifs de modes de vie harmonieux des cycles naturels avec la justice sociale. Sans justice sociale, il est vain de croire promouvoir l’écologie. La perception de la taxe carbone de Sarkozy (pas très écologique en plus) par les citoyens français l’a bien démontrée.

      l’électricité produite par les énergies renouvelables vient s’ajouter à la production globale.

      Je ne vois pas en quoi l’ouverture du marché à la concurrence pourrait y changer quelque chose. Les producteurs du marché auront tout intérêt à promouvoir la hausse de la consommation.

      Enfin, le marché ne promouvra pas plus le renouvelable que le nucléaire :
      « Si l’on veut que la concurrence se développe, il faut permettre aux fournisseurs alternatifs d’accéder à cette capacité de production nucléaire, qui est un bien commun de la Nation, a jugé Pierre-Franck Chevet, directeur général de l’Energie et du Climat au ministère de l’Energie.
      (Source : lagazette.fr)

  4. Mickaël says :

    Attac France relaie deux textes sur ce débat dont celui de Christiane Marty qui utilise la même argumentation que moi (en moins développé dans son texte) :
    http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article12345

    Les contradicteurs font une réponse qui apporte certains éléments d’intérêts en faveur de leur point de vue :
    http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article12352

    • Yann says :

      Bonjour Mickaël,

      A propos du dernier paragraphe de l’article http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article12345, et du paragraphe « Sur le principe » de l’article de Christiane Marty (http://www.france.attac.org/archives/spip.php?action=acceder_document&arg=8671&cle=c05cdea431ae0eda4c05ce02b1088eab50f8c338&file=pdf%2Fenercoop_discutable2.pdf) :
      De mon point de vue, en tant que sociétaire et abonné à Enercoop, je manifeste mon opposition à la politique désastreuse d’EDF, je milite pour les énergies renouvelables* et je participe au débat sur la nécessité d’un service public responsable et juste : j’ai pris acte du verrouillage de la politique énergétique par le lobby nucléocrate et j’ai choisi de me tourner vers ce que j’estime être un contre-pouvoir. Et je considère que, tant que la différence entre abonnés irradiés-irradiants et abonnés à une électricité propre sera aussi énorme, tant que le poids du nucléaire sera aussi écrasant, tant que nous ne serons pas assez nombreux parmi les « dissidents » pour peser dans la balance politique et susciter le retour d’un service public citoyen, il faut militer en faveur d’Enercoop.
      Enercoop rend un service public non seulement par la responsabilité de sa fourniture d’électricité mais aussi par son existence même, en tant que créateur d’une alternative. L’idée d’un monopole ne me dérange pas tant que le service public est responsable. Et que l’on soit ou non d’accord avec la libéralisation du marché de l’électricité, Enercoop existe, c’est un fait.

      Pour continuer sur la question du service public, Enercoop n’est qu’un fournisseur d’électricité. Le transport et la distribution sont toujours assurés par RTE et ERDF. La garantie, la sécurité et la qualité d’approvisionnement sur tout le territoire, bases du service public, ne sont donc pas touchées (citation d’Enercoop).

      * les bénéfices sont statutairement réinvestis dans l’objet de la structure, à savoir les énergies renouvelables et les économies d’énergie.

      A propos du paragraphe « Sur le surcoût pour les usagers » de Christiane Marty :
      Il me semble que cette dernière mélange et confond un peu tarif régulé, solidarité/péréquation et prix bas de l’électricité. L’existence d’un tarif régulé n’empêche absolument pas l’augmentation du prix de l’électricité. La preuve : ce dernier a augmenté et continuera d’augmenter dans les prochaines années selon les déclarations d’EDF même. Et la différence entre le tarif régulé d’EDF et le tarif chez Enercoop sera rapidement gommé (à moins d’une nouvelle entourloupe pour masquer le prix réel de l’électricité nucléaire, voir : http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=583).
      Et en ce qui concerne la garantie d’un même tarif pour chacun des citoyens, elle est toujours valable tant que RTE et ERDF assureront leurs missions (voir plus haut).

      Sur la CSPE :
      Je cite : Les « opérateurs historiques ne « bénéficient » pas de la CSPE comme d’une subvention, mais reçoivent une compensation pour l’obligation qui leur est faite, de manière à ce qu’elle ne se traduise pas par une obligation de « vente à perte ». Ce sont tous les usagers qui financent l’électricité verte, et pas plus les abonnés d’Enercoop que les autres.  » Sans doute, mais pas moins non plus. Alors pourquoi Enercoop ne peut-elle pas bénéficier de cette CSPE au même titre que EDF ???

      Moi non plus « je n’abandonne pas l’idée de se réapproprier le service public et de faire peser les choix des citoyens en matière d’énergie à travers des politiques publiques démocratiquement décidées. » Mais je ne suis pas d’accord avec Christiane Marty sur l’impertinence de l’existence d’Enercoop. Je ne dis pas que c’est la seule solution, ni la meilleure. Je dis que c’est une des solutions.

      Amicalement.
      Yann

    • sylvain says :

      2 remarques :

      1. Le réseau électrique français via ERDF reste un service public même avec la coopérative Enercoop. Les électrons « verts » d’Enercoop ne sont pas
      pollués par le réseau d’électricité sale en France (nucléaire, charbon, etc.) au même titre que le réseau Internet n’est pas « pollué » par des ondes
      « sales » ! Par exemple, votre ordinateur emprunte actuellement des câbles où transitent des données « sales » (intégrismes politiques, religieux, etc.)
      en parallèle de cette discussion sérieuse et si Internet était un service public, il en serait de même. Un service public comme La Poste ne garantit
      d’ailleurs rien sur la « propreté » des données qui transitent via son réseau. Dans les câbles électriques, EDF ne fera donc pas mieux. La coopérative
      Enercoop, elle, achète directement à des petits producteurs d’EnR avec 0 % de nucléaire et 0 % d’effet de serre ET ne compromet en rien le service
      public d’ERDF.

      2. Après les 4 catastrophes sur les réacteurs nucléaires de Fukushima, le nombre de coopérateurs Enercoop à explosé… sans risque pour l’environnement… La France est le prochain pays sur la liste statistique des vieux réacteurs nucléaires non refroidissables lors des prochaines
      sécheresses ou inondations. Sachez, comme 2/3 des français, que vous (ou vos proches) êtes à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire, comme les
      habitants irradiés de Fukushima. Donc, rester chez EDF (Electricité-Déchets-Fukushima) SA (Société Anonyme du CAC 40) est-il encore un service
      à rendre au public bientôt irradié si rien n’est fait !!!?

  5. nikopol92 says :

    Enercoop prétend financer / produire de l’énergie propre ex nihilo et ne pas soutirer celle que d’autres ont pris la peine de cofinancer. Ca semble globalement un mensonge apparemment, sans compter le stockage qu’il devraient assumer…

    • Yann Triganne says :

      Bonjour nikopol92. Pourriez-vous préciser votre commentaire, svp ? Merci de développer vos arguments. Où Enercoop prétend-elle produire de l’énergie ex-nihilo ? Qui cofinance quoi ? Quel stockage Enercoop devrait-elle assumer ? Quand on parle de mensonge, il faut argumenter.

      • nikopol92 says :

        Mes precisions :
        J’avais lu attentivement les documents de Enercoop.
        Je n’ai pas trouvé qu’ils respectent l’ethique du service public à savoir promouvoir l’interet collectif.

        Pour moi, ils dilapident l’argent public qui devrait etre concentré dans le service public. La cspe devrait etre resegmentée et reorientée vers la sortie des fossiles ce que les ENRE (enr elec) ne font pas en France (sauf celles avec stockage). Seules les ENRC (enr chaleur) y parviennent.

        Ce qui serait vertueux a mon avis et que je respecterais infiniment serait : produisons renouvelable, et proposons librement un surcout aux anti-nucleaires qui veulent payer spontanément, et assumons cette intermittence en evitant de recourir au reseau public quand mon energie est absente. Donc mon cout assume aussi le backup integralement; l’interconnection est absente, la rente des subventions aux enr n’est pas captée, la nuisance de mes aleas en qualité et quantité de courant n’est pas imposée unilateralement à toute heure à la communauté. Je produis enr et j’autoconsomme.
        Au lieu de cela, j’ai compris que quelques unités sont effectivement financées en propre mais que le courant soit disant vert profite en fait des electrons nucleaires, melangés aux autres. Ceci n’est pas transparent et abuse les consommateurs.
        Si on veut faire croire qu’on peut sortir des fossiles sans nucleaire, il faut eviter de masquer la realité par un marketing soigné affichant : « energie verte et but non lucratif ». Les salaires percus pour cette captation indue de valeur sont eux lucratifs meme si raisonnables.

        C’est pourquoi nous militons au reseau RESSEC pour une approche carbocentrée privilegiant la baisse de la pollution, et la baisse des tensions geopolitiques et climatiques. Les financements qui sont gaspillés par le solaire et les eoliennes sur les lieux qui ne le méritent pas sont autant d’emplois et de services publiques erradiqués ailleurs…
        Chacun est libre de ses opinions mais dans la transparence…

        http://ressec.wordpress.com/about

        • Mickaël says :

          Bonjour,

          J’ai le sentiment que vous faîtes du 2 poids / 2 mesures, car vos arguments peuvent être adressés tout autant au nucléaire :

          « produisons renouvelable, et proposons librement un surcout aux anti-nucleaires qui veulent payer spontanément »
          N’y a-t-il pas des coûts cachés au nucléaire (démantèlement des centrales, gestion des déchets radioactifs,… pour ne parler que des coûts financiers directs) que l’on pourrait demander de payer à tous les pro-nucléaires ?

          « une approche carbocentrée privilegiant la baisse de la pollution, et la baisse des tensions geopolitiques et climatiques. »
          Le nucléaire est tout de même la source d’une pollution majeure avec des déchets hautement dangereux dont on ne sait quoi faire. Côté tensions géopolitiques, entre les stratégies d’accès à l’uranium (qui n’est pas produit en France) et le cas de l’Iran très actuel, on voit que le nucléaire est au top. Enfin, croire (ou faire croire) que le nucléaire n’a pas d’impact sur le changement climatique, voire est une réponse, est illusoire.

          « Les financements qui sont gaspillés par le solaire et les eoliennes sur les lieux qui ne le méritent pas sont autant d’emplois et de services publiques erradiqués ailleurs… »
          La logique centralisatrice du réseau s’appuyant sur le nucléaire tend à concentrer les emplois dans quelques lieux, en créant en plus une dépendance de la région concernée (on voit les réticences à la fermeture des centrales). Une production basée sur le renouvelable permettrait une plus grande distribution de la production et donc des emplois associés, ce qui peut paraître plus en cohérence pour « promouvoir l’intérêt collectif » que vous citez au début.

          • Anonyme says :

            Je partagerais vos reserves de bon sens si je n’avais pas etudié le principe de realité technique et financier chaque jour ou presque depuis 3 ans. L’uranium civil represente 0,7 Mds / an soit qq % du cout de l’elec. Contre 40Mds pour les fossiles a perimetre egal (avant la future flambée des prix qui arrive en 2025 au plus tards). Son volume est tellement concentré qu’il garantie 100 fois l’indépendance des fossiles (40 ans contre 3 mois). Canada, Australie sont stables et l’Afrique a besoin de devises. Les défauts existent mais gerables et finalement 100 fois moins délétères pour l’homme (Fukushima le prouve quand on l’étudie bien : le confinement garantit que meme en cas d’accudent 99,999 des populations ne seront pas exposées a plus de 20mSv ) et sont un moindre mal : 100 fois mieux que le pétrole (et fois 10 pour EPR) et pas de surcout excessif (quelques euros par kWh sur 65) contrairement aux Enr elec et leur 75% du gaz de leur intermittence : 130 € si on inclut réseau et backup : facteur 2. Le démantèlement est maitrisé en moyenne comme confirmé par la cour des comptes et par les REX de Beaver USA : 0,5 Mds par centrale, aucune urgence n’oblige a le réaliser en moins de 25 ans. Quant aux dechets contrairement a l’intuition commune : le minerai est deja dans le sol, il y retourne (l’équivalent naturel de quelques dizaines de km2 du sol avoisinant) et sera stable le temps que sa nocivité soit nulle. Pas de danger inacceptable. Voir Au Gabon où pas de dispersion du reacteur naturel apres 800 000 ans. Ils prennent peu de place et sont confinés contrairement aux microparticules et aux pollutions air et eau. De plus la generation 4 divise encore par 80 les déchets : c’est acquis : généralisation dès 2030. Demain quoi. Sur la decentralisation, pas de dogme : les eoliennes sont bien pires : les réseaux et le SI qui recentralisent les courants sont finalement bien plus pénalisants. Oui, vive l’autoconsommation locale sans subvention si elle n’est pas financée massivement par les postes de fonctionnaires qui nous manquent. Les emplois subventionnés sont assez vite non vertueux si leur alternative est plus utile pour la collectivité. Le nucleaire a des inconveniants, la question n’est pas de l’encenser, mais il faut hiérarchiser les perils. Il contribue a une telle productivité avec l’hydroelec que les pays comme la France pourront électrifier leur economie et liberer 100Mds par an, 1 milions d’emplois induits vu l’efficacité economique, et supprimer des guerres du petrole/gaz (armée en baisse). De ce fait, le nucleaire militaire, inacceptable et couteux, devient moins utile et souhaité si les causes de guerre diminuent : les matieres premieres, vitales pour l’emploi et donc la paix civile (1914, 1939, Proche et Moyen orient). Il ne faut pas confondre le souhaitable et le possible. Seules les Enr chaleur (PAC, biocarb 2G sans petrole, biomasse, etc…) sont très utiles et pourvoyeurs d’emplois durables. Les Enr elec servent a amorcer notre filiere exportatrice éolienne. Instruisons a charge et a décharge pour éviter les propagandes…

    • Mickaël says :

      Comme Yann, j’avoue ne pas comprendre votre commentaire. Pourriez-vous préciser votre pensée ?

  6. Laurent Evain says :

    Ce debat est semblable a celui sur l’ecole. Face au problemes des structures publiques ( EDF ou l’ecole) doit on encourager les structures paralleles ou tout faire pour conserver un systeme unifie’ ?

    Mon avis est qu’un systeme unifie’ et rigide est mort d’avance. C’est le sens de l’histoire.

    Il faut conserver le service public, mais il faut qu’il soit concurrence’ et questionne’ par des petites structures innovantes. C’est vrai pour EDF qu’il est bon de concurrencer par Enercoop. Et c’est vrai pour l’education nationale, qui a besoin d’initiatives ailleurs faisant exemple pour permettre des ameliorations en son sein.

    Oui au service public. Oui a la possibilite’ d’alternatives en dehors du service public !

  7. Laurent Evain says :

    J’ai aussi un petit desaccord technique avec ce billet (tres bon par ailleurs). Je ne crois pas que le rachat au tarif impose’ soit aussi incitatif pour une entreprise de production que le rachat par Enercoop.

    Si je suis producteur d’elec et que je vend a Enercoop, qui ajuste ses volumes d’achat a la demande de ses clients, il y a une visibilite’ sur mon activite’. Si je vends a EDF sur la base d’une pure reglementation legislative, ca peut changer a tout moment et je n’ai aucune visibilite’.

    Adherent a enercoop, je suis d’ailleurs en opposition avec leur demande de beneficier de la cspe. Le modele economique est aujourd’hui sain et stable.
    Si on commence a y mettre des subventions qui varient au gre’ des differents
    gouvernements, je ne suis pas certain qu’ils pourront longtemps continuer leur activite’ a cause des effets d’accordeon entre recettes et depenses.

    D’un point de vue economique, l’adequation entre couts et depenses permet un developpement bien plus perenne des ENR que des subventions fluctuantes.

    • Mickaël says :

      Bonjour Laurent,

      Je me dis que c’est fou que cet article fasse encore réagir 4 ans après.

      Certes, ce que la puissance publique fait (subventions), elle peut le défaire. Reste que le marché peut être beaucoup plus volatil, et pas forcément favorable aux énergies renouvelables (à court-moyen terme) dans la mesure où des coûts peuvent parfois être externalisés (cf gaz de schiste par ex.).

      Quand à la possibilité de pouvoir voir émerger des innovations alternatives au service public y compris pour le forcer à évoluer, il faut malheureusement faire le constat que le centralisme et la faiblesse de notre démocratie rendent ces innovations extérieures aujourd’hui indispensables pour faire bouger des bureaucraties. Et ce malgré la mobilisation d’acteurs pour pousser à l’innovation de l’intérieur « des pirates bienveillants » : http://blog.la27eregion.fr/Comment-faire-entrer-l-esprit).

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